Quelque part à Anvers, Dima se prépare pour son premier jour de travail en tant qu'employée en logistique. Elle était chirurgienne en Palestine. Elle parle quatre langues. Elle a attendu des années une décision concernant sa demande d'asile.
Elle est réfugiée. Mais cela ne la définit pas. Il s’agit plutôt de savoir quelles opportunités la société lui offre et la place qu’elle lui offre pour construire une nouvelle vie. Car son avenir détermine aussi celui de la société.
Voici trois choses à savoir sur les réfugié·es à l'occasion de la Journée internationale des réfugié·es.
✅ La majorité des réfugié·es sont accueillis dans des pays “en développement”
Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (ONU), fin 2025, 118 millions de personnes dans le monde étaient déplacées de force en raison de guerres, de violences, de persécutions ou de violations des droits humains. Cela représente 1 personne sur 70 sur Terre. 42 millions de personnes sont définies comme réfugiées, c'est-à-dire qu'elles ont cherché une protection dans un autre pays et ne peuvent retourner en sécurité dans leur pays d'origine.
Pourtant, les pays “occidentaux”, plus riches, n'en accueillent qu'une petite partie. 68 % des réfugiés sont accueillis dans les pays limitrophes des pays d’origine, à revenu faible ou intermédiaire.
En Belgique, environ 35.000 personnes ont demandé une protection en 2025. Le Commissariat Général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA) a finalement reconnu 28,4 % des demandeurs comme nécessitant une protection.
La migration “forcée” est donc un défi mondial, majoritairement pris en charge par les pays les moins préparés.
✅ Être réfugié n’est pas une identité en soi
Dans le débat public, le terme « réfugié » est souvent utilisé comme une catégorie en soi. Comme si c'était un groupe homogène, avec les mêmes besoins et les mêmes parcours.
Mais derrière ce mot se cachent des médecins, des ingénieurs, des professeurs, des électriciens, des avocats, des étudiants, des parents et des entrepreneurs. Des personnes riches et pauvres. Des personnes tenaces, tourmentées, créatives, entreprenantes. En bref, ce “groupe” recouvre toute une diversité d’êtres humains et de parcours.
« Je travaillais jour et nuit dans une zone de guerre à Gaza. J'avais investi dix ans de ma vie pour devenir médecin. J'étais douée dans ce que je faisais. Ici, je suis allée dans une agence d'intérim. Je parle arabe, parfaitement anglais, un bon néerlandais et aussi français. L'agence d'intérim m'a envoyée comme employée en logistique dans une entreprise portuaire. C'était ma seule option... Alors quand on parle de “motivation”... pour quoi faire ? »
- Dima, jeune accompagnée par DUO for a JOB
Chez DUO for a JOB, nous accompagnons depuis des années des personnes ayant le statut de réfugié. Sur les 3.600 réfugiés accompagnés par l’association :
📌 74 % avaient déjà une expérience professionnelle à l'étranger.
📌 64 % avaient une expérience professionnelle en Belgique.
Beaucoup ont un diplôme, mais il est difficile, et dans certains cas même impossible, de le faire reconnaître ici. La barrière de la langue, un réseau limité et la méconnaissance des codes du marché du travail belge jouent également un rôle.
Mais ce sont des obstacles surmontables. Avec un mentor de DUO for a JOB, 7 réfugié·es sur 10 trouvent un emploi durable ou une formation.
✅ Un accueil digne permet aux réfugié·es de libérer leur potentiel
Obtenir le statut de réfugié peut être long. Cette période est souvent rythmée par un long parcours migratoire, avec des mois, voire des années d'attente pour une décision sur la demande d'asile. Aujourd'hui, le droit à l'accueil n'est pas garanti. Et les droits des personnes migrantes sont de plus en plus mis sous pression : accès à l'aide sociale ou à un logement social soumis à des conditions strictes, règles plus sévères pour le regroupement familial, restrictions pour l'obtention de la nationalité belge, etc.
Une personne stressée par des soucis administratifs ou financiers, sans soutien familial, sans un diplôme reconnu, c’est une personne pour qui il est difficile de développer pleinement son projet professionnel.
« Si une dépense de 100€ tombait cette semaine, je devrais peut-être dormir dans la rue demain. Je n'ai pas de famille ici. Si j'avais une famille ici, ils pourraient m'aider, mais je vis seule. Et on me dit que si je ne trouve pas de travail, je perdrai un jour aussi mon revenu d'intégration. »
— Dima, mentee
Après 5 ans, 29 à 37 % des réfugiés reconnus ont un job ; après dix ans, ce chiffre monte à 50 %. La plupart des personnes (81 %) ont eu une ou plusieurs expériences sur cette période, mais les emplois sont souvent de courte durée et instables. L'emploi durable reste le grand défi.
Garantir des droits sociaux et un accompagnement sur mesure n'est donc pas de la “charité”. C'est un choix collectif qui bénéficie à toutes et tous. Chaque talent laissé de côté est une occasion manquée pour l'ensemble de la société.
Investir dans un accueil digne, investir dans la société
Les réfugié·es sont des personnes pleines talents, d'expériences, de rêves et d'ambitions, qui veulent contribuer à la société. Une société qui donne sa chance et accueille dignement est une société qui permet aux réfugié·es de trouver leur place.
À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés, DUO for a JOB pose la question : que voulons-nous alors offrir à ces personnes qui veulent reconstruire leur vie ici ?
Selon nous, la réponse doit être double.
📌Garantir leurs droits
📌Assurer accueil digne et un accompagnement solidaire
Car une société qui investit dans un accueil digne investit en elle-même.
Découvrez DUO for a JOB et son impact ici.